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N.E.W.S (2018)

d'une fertile vacuité (2017)

Les terres fertiles (2017)

Obscure lumière (2016)

Chaque atome de silence est la chance d'un fruit mûr (2016)

Miniature II (2015)

Miniature I (2015)

Concordance des temps (2014)

… comment il faut aimer (2014)

Locomusique (2014)

Pas de fumée sans feu (Trois duos) (2014)

Im Schatten (2014)

Traces (2014)

Ferus adscendit Cyclops (2013)

Cadence pour le concerto pour Vlc en Ut de Haydn (2013)

xi ling (2012)

Tropes (2012)

a6 = At (2011)

Six Chants de Nature et d'Amour

Trois poésies d'Outre-mer (2011)

Un futur insoupçonné (2011)

Etudes de bleu (2010)

Triste merveille (2010)

d'un souffle ardent (2010)

Na ka nonoroa (2009)

Quasi canto (2009)

Sobre una canción antigua (2008)

Alleluia « Diamante » (2008)

sed lex. (2007)

Warana (2007)

So fern (2006)

Calme illimité (2006)

Instants élémentaires (2006)

Déchirure d'un temps plissé (2005)

e'l bianco more (2005)

sur Bleus (2005)

Dulwan nimindi (2004)

Story board (2003)

Litanies (2003)

Au front de la lune (2002)

« in quo mihi bene complacui » (2001)

Upon GA (2000)

Music for PCL (1999)

Cadence pour le concerto pour harpe de Boieldieu (1998)

Mille regretz (1998)

Quatuor à cordes n° 3

Cristal (1997)

Hommage à Anton Webern

Par une main éparpillées (1997)

Des rives de lumière (1997)

Quatuor à cordes n° 2 (inachevé) (1997)

Chants de l'humanité à jamais en équilibre (1997)

Sept petites pièces pour Quatuor à cordes (1996)

Upon A.D. (version brève) (1996)

Chemins du minéral (1995)

Les faibles lueurs (1995)

Quatuor à cordes n° 1

pour les 10 ans d'Aleph (1994)

Huit petites pièces pour violon (1994)

Transparences (1994)

Un Conte fantastique (1993)

Chants disparus (1992)

Pierre vive (1992)

Sinfonia di paradiso (1992)

Dentelle du Cygne (1991)

Momentanés (1991)

Des échos de silence (1991)

Chant d'aubes (1991)

Paysages à composer (1990)

Sens dessus dessous - Sans queue ni tête (1989)

Au plus profond d'un étrange rêve éveillé (1989)

Transparence d'Orlando Lasso

… par cette ligne blanche … (1989)

Marge étroite (1989)

Tsien (1989)

Or (1988)

Fragments composés (1988)

A travers le miroir (1988)

Atmen (1987)

Lamentations de Jérémie (1987)

Menus propos (1986)

Papillon du Japon (1986)

Figuration sur un ballet abstrait (1986)

Etendues (1985)

Déchiffrage pour trompette (1985)

Prisme (1985)

Huit Réfractions d'un élément musical de Bela Bartok

Une Idée obstinée (1985)

Trois instant pour deux violoncellistes débutants

Lignes (1985)

Images (1984)

Lecture (1984)

Rumeur (1984)

Passages (1984)

Au Bonheur retrouvé (1983)

Geste (1982)

Recherche (1982)

Le Chamois (1982)

Trois Duos pour violons (1982)

d'une fertile vacuité (2017)


Musique de chambre, Voix, Autre

effectif : récitant(e), soprano, violoncelle, accordéon, piano

texte de Françoise Matthey

durée : 16-17 mn

 

“d’une fertile vacuité” a obtenu le prix 2017 du Concours Pierre-Jean Jouve

 

création le 12 mars 2018, Salle Varèse à Lyon, par Sylvia Bergé et l’Ensemble In & Out (Thierry Ravassard)

 

partition et matériel : fichiers pdf  gratuits sur demande au compositeur

 

Enregistrements

Aperçus de la partition

Extrait audio

Extrait vidéo

Présentation

 

La composition de « d’une fertile vacuité » a été marquée par l’heureuse et progressive rencontre avec la belle poésie de Françoise Matthey. Le texte venait à la rencontre de mes envies musicales en même temps qu’il en fournissait le support. Poésie très fine dont le sens parfois seulement suggéré est aux sens toujours révélé. Poésie qui se découvre dans le renouvellement des lectures. Poésie aussi – je le découvrais au fil du travail – qui a été clairement structurée, comme une composition bien charpentée.

Cinq grandes parties sont typographiquement séparées par de petites étoiles et offrent un sens et des lignes directrices propres. J’ai tenté d’y répondre en cinq grandes sections dont chacune est développée à partir d’une idée ou d’un principe de base.

« Ecoute ! »

Voici la marque de la première section. La matière musicale y est volontairement légère et s’efforce de nous inciter à écouter. Tout juste quelques illustrations du texte font saillie – figuralisme aurait-on dit en d’autres époques. Mais c’est surtout ici qu’est trouvée réponse à la question que j’éprouvais avec difficulté : quel sens donner, quelle place accorder à la partie de soprano, voix appelée à voisiner avec une autre voix dont j’avais peur qu’elle puisse troubler la primauté. Le tout début y donne réponse (début que j’ai d’ailleurs écrit assez tardivement sur la base d’éléments qui apparaissent ultérieurement dans la partition et que j’avais notés au fil de la plume) : la soprano apparaît simplement en quelque sorte comme la « voix de tendresse, voix de silence » de la narratrice. Comme une voix intérieure par qui parfois réémerge du texte qui a déjà été récité, qui parfois l’accompagne ou le prépare : « Comment », dit l’une, «Comment donner corps à ce qui n’en a pas » poursuit l’autre.

« Il n’est point de séjour pour elle »

La seconde partie est habitée par la fragilité des instruments : légèreté du piano d’une part, violoncelle et accordéon imbriqués en miroitement aigu d’autre part.

« Comment donner corps à ce qui n’en a pas »

La troisième partie est celle des questions. Pour les trois quarts, les vers y formulent des interrogations, explicites ou implicites. Une timide hypothèse y est insérée avec d’autant plus de valeur qu’elle s’exprime dans un silence total : « La musique peut-être ». Cette dernière n’est tout au long de cette section qu’un enveloppement, une simple et lente oscillation des résonances internes d’un son fondamental qui vont jusqu’à s’évaporer avec les sifflantes du texte « Se faire nu dans le trop plein des jours ? Poser sa suffisance ? Etre dans la béance ? ». Creuset ouvert et sans poids, très certainement ressenti comme « l’interlude d’une fertile vacuité ».

« Etre »

La répétition du verbe « Etre » dans la partie suivante du poème sépare ses quatre strophes tout en les ouvrant. La composition n’avait qu’à se calquer sur cette structure en marquant ses articulations par le retour, à l’accordéon, d’un geste très repérable. Les deux voix sont en connivence autour du verbe « Etre ». La récitation est constamment supportée par la répétition tournante et calme d’accords au piano.

« Entends ! »

La partition réintègre dans la dernière partie plusieurs éléments musicaux déjà rencontrés, notamment grâce à la soprano qui retrouve, par bribes, son chant initial. Ce pont avec la première partie, le poème finit par le confirmer : « Entends ! Entends la joie et son doux rire d’amante ».